Il y a quelques mois, j'ai publié un article sur les 100 livres à lire dans sa vie. Ayant de belles lacunes en littérature classique, je me suis dit que ce challenge serait instructif. "La place", pour moi, fait partie de cette liste. Sur les recommandations d'une amie je me suis donc lancée dans sa lecture. 

Dans "La Place", Annie Erneaux nous expose une partie de sa vie en nous parlant de celle de son père. Son père a longtemps vécut dans un milieu ouvrier où le travail manuel était privilégié aux études. Mais cet homme a toujours souhaité que sa fille sorte de cette condition. Il voulait pour elle qu'elle entre dans la bourgeoisie grâce à ses manières et à ses connaissances. 

La vie de son père est simple mais vaillante et brave. Elle le décrit comme un homme droit, juste et travailleur. Toute sa vie, il a aspiré à une vie de commerçant, ne souhaitant plus être ouvrier. 

Au cours de son récit, Annie Erneaux nous narre les différentes profession de son père. Elle nous parle aussi de sa mère qui était une femme avec des idées modernes pour l'époque (une des premières à se couper les cheveux...). 

L'auteure a grandit dans une ambiance de vie simple mais bienveillante. Son récit nous rappelle les choses simples de la vie et nous exposent aussi le fait que la société a muté vite au risque de perdre certaines générations. 

J'ai lu ce livre de 114 pages d'une seule traite. Je l'ai trouvé sincère, simple (pas de fioritures) et beau. C'est un très bel hommage à son père. J'avoue avoir reconnu dans certaines phrases des personnes de mon entourage et surtout cette volonté des parents que leur enfant soit instruit. 

C'est un classique que je vous recommande vivement. L'écriture est aussi belle que l'histoire. Je comprends que cette lecture soit prescrite dans les établissements scolaires. Elle expose de belles valeurs. 

Synopsis 

Il n'est jamais entré dans un musée, il ne lisait que Paris-Normandie et se servait toujours de son opine pour manger. Ouvrier devenu petit commerçant, il espérait que sa fille, grâce aux études, serait mieux que lui.
Cette fille, Annie Erneaux, refuse l'oubli des origines. Elle retrace la vie et la mort de celui qui avait conquis sa petite "place au soleil". Et dévoile aussi la distance, douloureuse, survenue entre elle, étudiante, et ce père aimé qui lui disait: "Les livres, la musique, c'est bon pour toi. Moi, je n'en ai pas besoin pour vivre."
Ce récit dépouillé possède une dimension universelle.

Ce livre a été le prix renaudot 1984.

La Place d'Annie Erneaux
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